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mercredi 25 juin 2008

L'Europe succombe à la Obamamania


Traditionnellement, les européens affichent plutôt leur sympathie pour le camp démocrate, mais pour la prochaine élection présidentielle américaine, il faut dire que le taux de popularité que recueille Barack Obama dans des pays comme l’Italie, la France ou l’Allemagne est sans précèdent pour un candidat démocrate. Toutefois, il convient de nuancer cet optimisme que témoignent les citoyens européens au sénateur de l’Illinois, car les hommes politiques des Etats cités ne partagent pas autant l’enthousiasme de leurs compatriotes. Selon un sondage mené par The Daily Telegraph réalisé au Royaume-Uni, en France, en Italie, en Allemagne et en Russie, 52% des sondés croient en la victoire du premier candidat noir à l’élection présidentielle américaine, et ils sont seulement 15% à penser que John McCain, ancien vétéran du Vietnam, sera le prochain locataire de la Maison Blanche.

Si on va dans le détail, on s’aperçoit que c’est en Italie que Barack Obama recueille le plus grand nombre de soutiens (70% de la population), même si le Président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, connu pour ses sensibilités pro-républicaines, souhaite la victoire de John McCain plus âgé de quelques mois que lui, pour « ne pas être le plus vieux sur la scène politique internationale » a t-il déclaré sur un ton plaisantin. En France, pays européen le plus anti-américain de la liste, 65% des citoyens glisseraient le bulletin de vote Obama, mieux encore les Allemands plébiscitent Obama à 67% et donnent seulement 6% de confiance à McCain.

Outre-Rhin, les rumeurs annoncent même une visite imminente de Barack Obama à Berlin, pour prononcer son « Ich bin ein Berliner » sur les traces de John Kennedy, et ainsi profiter de cette occasion pour témoigner sa ferme intention de mettre un terme au bourbier irakien. En Grande-Bretagne, Obama récolte 49% de soutiens contre 14% à son rival. Enfin du côté de la Russie, le candidat démocrate doit se satisfaire de 24% d’opinions positives contre 7% au candidat républicain.

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dimanche 15 juin 2008

Premier coup d'arrêt pour le Traité de Lisbonne


A l’approche de la présidence française de l’Union européenne qui va s’ouvrir dans deux semaines, le processus de ratification du Traité de Lisbonne a subi son premier coup d’arrêt. En effet, l’Irlande, 19ème Etat sur 27 à se prononcer sur l’adoption de ce nouveau Traité a mis un terme à la suite de dominos gagnants, en rejetant à 53,4% le texte qui doit sortir l’Union européenne de l’impasse institutionnelle dans laquelle elle se trouve actuellement.

Interrogé ce samedi sur ce résultat négatif, Nicolas Sarkozy, qui tiendra les rênes de l’Union européenne (UE) jusqu’à la fin de l’année 2008, a estimé que « le non irlandais c’est une réalité politique ». Bien que ce refus irlandais était redouté dans les sphères européennes, la France et l’Allemagne, artisans majeurs de ce nouveau texte constitutionnel, ne semblent pas avoir de solution de rechange ou encore de « plan B » comme on l’évoquait encore à l’époque du Traité établissant une Constitution pour l’Europe en 2005.

Au delà même du résultat, on est amenés à se demander qui la faute alors ? Principalement à une communication désastreuse de l’Union européenne qui entraîne un désamour avec les citoyens et donc leur refus. En effet, il y’a un déficit de pédagogie majeur de la part de l’Europe dans ces consultations populaires. Certaines classes de population estiment que ce « mastodonte » qu’est l’UE ne se sent pas suffisamment préoccupé par leur vie quotidienne et qu’ils n’ont rien ou que très peu de choses à y gagner. L’Irlande, petit pays de 5.900.000 habitants n’a donc pas cédé à ce que certains commentateurs ont appelé un « chantage » de l’Union européenne, qui consistait à leur faire dire OUI coûte que coûte à ce nouveau projet.

Dans ces conditions, quelle issue faut-il apporter à cette crise instantanée, faut-il redouter un « effet contagion » dans les pays qui seront amenés à se prononcer tout prochainement ? On se souvient déjà qu’en 2001, les Irlandais avaient été appelés à se rendre aux urnes pour approuver le Traité de Nice, et qu’il a fallut organiser plusieurs amendements de ce dernier pour qu’ils l’approuvent finalement un an plus tard. Autant de questions qui seront très probablement débattues lors du prochain Conseil européen des 19 et 20 juin prochains. Sans cela l’Union européenne serait contrainte de suivre sa lancée sur les bases du désormais vieillissant Traité de Nice de 2001.

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